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    Polemici: Radu Dragan. Le fantôme de la Légion hante-t-il toujours l
    Scris la Monday, November 04 @ 15:08:58 CET de catre asymetria
    Historia oculta

    Dans la prison de Pitesti s’est déroulée entre 1949 et 1952 une expérience de rééducation par la torture physique et morale des détenus anti-communistes. Sa particularité est que les tortionnaires étaient recrutés parmi des détenus qui, par opportunisme ou par pure cruauté, torturaient les autres en les obligeant de renier leurs convictions religieuses, morales et politiques et se convertir à la doctrine communiste. A part les tortures physiques, les humiliations allaient jusqu’à les forcer à boire leur urine et manger leurs excréments, les faire participer à des « messes » pornographiques pendant lesquelles les plus religieux devaient renier leur croyance.
    Radu Drãgan


    Le fantôme de la Légion hante-t-il toujours la Roumanie ?
    D’abord les faits : Le 28 octobre, Radio France International a publié un interview de William Totok, son correspondant à Berlin, avec Mihail Demetriade, chercheur au CNSAS (le Conseil National pour l’Etude des Archives de la Securitate, la police politique communiste). Celui-ci avait publié en 2015 une étude sur l’expérience Pitesti ». Le prétexte est la sortie d’un film sur cet épisode sinistre de l’époque communiste. De quoi s’agit-il ? Dans la prison de Pitesti s’est déroulée entre 1949 et 1952 une expérience de rééducation par la torture physique et morale des détenus anti-communistes. Sa particularité est que les tortionnaires étaient recrutés parmi des détenus qui, par opportunisme ou par pure cruauté, torturaient les autres en les obligeant de renier leurs convictions religieuses, morales et politiques et se convertir à la doctrine communiste. A part les tortures physiques, les humiliations allaient jusqu’à les forcer à boire leur urine et manger leurs excréments, les faire participer à des « messes » pornographiques pendant lesquelles les plus religieux devaient renier leur croyance. Entre 1000 et 5000 détenus ont subi ce programme de lavage de cerveau et environ 200 y ont laissé leur vie. Leur nombre exact ne sera probablement jamais connu. Les tortures ont pris fin en 1952 dans la prison de Pitesti (après s’être étendues dans d’autres : Peninsula – Canal Danube-Mer Noire, Gherla, Aiud, etc.) quand la nouvelle s’est répandue en Occident. La Securitate, qui les avait initiées et supervisées, a intenté un procès aux principaux tortionnaires, en prétextant qu’ils avaient agi sous les ordres du chef exilé de la Légion, Horia Sima, par des anciens membres de la Garde de Fer infiltrés dans la Securitate, dans le but de discréditer le « pouvoir populaire ». Il est vrai que le principal tortionnaire, Eugen Turcanu, avait été pour une courte période membre de la Garde de Fer, avant de s’inscrire dans le parti communiste. Turcanu et quelques autres ont été exécutés en 1954 et tout a été mis sur le dos des détenus légionnaires et de leur cruauté.

    Après la chute du communisme, plusieurs livres et articles ont disséqué cette expérience de rééducation, unique par sa cruauté dans l’ex-bloc soviétique. Or, et c’est pour la première fois depuis, cet interview reprend l’accusation du procès stalinien de 1954 : la torture, dit M. Demetriade, « fait partie de l’anatomie légionnaire ». Les victimes, dit-il aussi, « n’étaient pas des victimes tout à fait ». Ce court interview a déclenché une polémique violente dans le pays. Dans un texte publié sur Facebook, Madalin Hodor, collègue et ami de M. Demetriade, utilise un ton suburbain en parlant de « ces légionnaires droits et bons qui n’étaient que des merdes avec des yeux qui se torturaient entre eux » (depuis, M. Hodor s’est excusé pour ce langage, mais n’a pas renié ses propos). La direction du CNSAS a publié un communiqué en se désolidarisant de ces affirmations, vite démenti par un autre où certains membres de sa direction collégiale accusent le directeur à l’origine du communiqué de ne pas les avoir consultés. IICMER (l’Institut pour l’Investigation des Crimes du Communisme et la Mémoire de l’Exil Roumain), dans un communiqué du 31 octobre, prend acte « avec étonnement et indignation » des déclarations des deux chercheurs et le qualifie de « vandalisme intellectuel ». Mais, le 2 novembre, surprise : comme dans le cas du CNSAS, le président et le vice-président de l’institution, MM. Dinu Zamfirescu et Al. Niculescu, se désolidarisent de ce communiqué en affirmant ne pas avoir été consultés. Les affirmations de M. Demetriade semblent avoir déclenché un grave conflit interne au sein des deux principales institutions roumaines concernées par l’étude des crimes du communisme. Depuis lors, la polémique est allée crescendo : dans un communiqué du 31 octobre, l’association des anciens détenus politiques réclame l’exclusion des deux chercheurs du CNSAS. Marius Oprea, un des chercheurs roumains les plus connus de l’histoire du communisme et directeur de IICCR (l’Institut pour l’Investigation des Crimes du Communisme en Roumanie) prend à son tour position contre les deux chercheurs et les accuse de reprendre mot à mot des passages de l’acte d’accusation dressé à l’époque par la Securitate contre les « rééducateurs ». Le directeur de l’Institut Elie Wiesel, Al. Florian, se déclare, toujours sur RFI, solidaire avec Totok qui, suite à l’interview, aurait été menacé de mort par une organisation de l’exil roumain. Florian attaque aussi Oprea qui, dit-il, « soutient publiquement la mémoire de l’extrême droite d’entre les deux guerres et a participé avec des membres du Mouvement Légionnaire à des événements publiques ». Accusations gravissimes qui auraient mérité d’être plus précises.

    Tout cela est la preuve d’un profond malaise au sein de la société roumaine. En fait, ce qui me semble le plus significatif dans cette polémique est une formule de M. Hodor dans son texte sur Facebook : parmi d’autres injures que je ne citerai pas ici, il parle des « trépanés de la nouvelle droite ». Trépanés, donc sans cervelle ; fort bien, mais ce n’est pas l’essentiel. Le but de l’attaque des deux chercheurs n’est pas, il me semble, la mouvance légionnaire, elle est morte depuis longtemps ; leur cible c’est la nouvelle droite, et dans cette guerre, la vérité est une victime collatérale. En fait, la Légion est restée l’épouvantail du pouvoir communiste même après avoir être dissoute de facto avec la défaite de l’Allemagne nazie qui la soutenait, et l’exil de ses dirigeants. Après avoir négocié, en 1944, un pacte de non-agression avec ce qui restait du parti fasciste roumain, Ana Pauker, l’éminence grise des communistes arrivés au pouvoir sur les chars soviétiques et plus tard vice-premier ministre, est allée jusqu’à libérer de prison les légionnaires arrêtés et en intégrer certains dans le parti. Cette époque ambiguë sera suivie d’une période de répression durant laquelle l’accusation d’avoir été membre du mouvement suffisait pour envoyer quiconque pour longtemps en prison. Les années 70 ont été ceux d’une relative libéralisation, le pouvoir enfin sûr de lui a même permis à d’anciens intellectuels légionnaires de publier et de se réintégrer dans la vie sociale, sans pour autant cesser de les surveiller étroitement.

    La survie de l’ennemi justifiait la répression, mais en même temps la doctrine nationaliste du Mouvement n’était pas loin de celle que le Parti communiste a développée après cette courte période de libéralisation. Cela explique comment un ancien légionnaire notoire, I.C. Dragan (aucun lien avec l’auteur de ce texte !) est devenu dans les années 70 un des chantres du protochronisme, qui ne faisait que recycler jusqu’à la caricature les anciennes théories nationalistes des années 40. Cela explique aussi pourquoi, juste après la chute du communisme en 1989, M. Iliescu, ancien membre du comité central du parti devenu le dirigeant de facto du pays et ensuite deux fois Président, n’a pas trouvé d’autre accusation contre ses contestataires que d’être des légionnaires. Les prisonniers de Pitesti étaient-ils de légionnaires ? Certains, sans doute ; d’autres étaient des royalistes, d’autres de fervents chrétiens, d’autres d’anciens hommes politiques, certains étaient trop jeunes pour avoir joué un quelconque rôle pendant la courte période de gloire du parti qui avait fait de l’assassinat une arme politique. Mais tous avaient en commun l’hostilité contre le communisme, l’espoir qu’il ne durera pas longtemps. Leur rééducation par la terreur et l’humiliation fut une des pages les plus sombres de l’histoire récente du pays. Mettre cela sur le dos des seuls légionnaires, c’est exonérer la Securitate et le communisme en tant que doctrine de leur responsabilité d’avoir encouragé, provoqué et ensuite caché le crime. Mais le problème n’est pas là. Comme le dit bien M. Hodor, la vraie cible c’est la droite de nos jours. En Roumanie, le vrai procès du communisme n’a pas eu lieu ; les anciens de la Securitate sont devenus (en fait sont restés) les vrais maîtres du pays, en ayant accaparé le pouvoir économique et en ayant noyauté les partis politiques, même les plus récents dans lesquels les jeunes Roumains mettent naïvement leurs espoirs de renouvellement de la classe politique.
    Pour ces raisons, la démocratie est dans ce pays fragile. Elle l’est partout, en, effet, j’en ai bien peur, mais ici plus qu’ailleurs, car les mécanismes de contre-pouvoir n’existent pas, ils sont juste mimés, le pouvoir reste clanique et clientélaire. Or, ce pouvoir clientélaire a besoin de la démagogie de gauche pour survivre. Ce sont toujours les plus défavorisés, les laissés pour compte du capitalisme sauvage qui forment sa base électorale. Pour cela, il faut pourfendre la droite, l’accuser de tous les maux, et qu’est-ce qu’il y a de plus infamant que d’être associé au passé fasciste ? Il y a aussi, dans ce monde de plus en plus instable, la montée de la droite dans plusieurs pays d’Europe et d’ailleurs, la crainte des Européens de perdre leur identité face à l’immigration incontrôlée, la déception du mondialisme et la peur millénariste du changement climatique. Aux vieilles peurs, des vieilles recettes. Est-ce qu’on peut penser que ce déni de l’histoire que je viens sans doute trop sommairement de décrire ici s’inscrit dans ce mouvement plus ample d’une gauche désemparée qui cherche à attiser les vieilles peurs pour continuer à peser dans les affaires du monde ?

    Radu Drãgan
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